• Le choléra, l' ONU et Haïti

     
     
     

    AYTI Résilience en conscience .....Le CRI ! Le choléra, l' ONU et Haïti

    Par Annick Benjamin Hl, mardi 16 novembre 2010, à 12:50

    " avec la volonté, la détermination, la persévérance, la discipline, la solidarité, le savoir-faire, les compétences et la patience, nous vaincrons l'insouciance de nos « dirigeants », l'irresponsabilité et la négligence coupable de nos soi-disant amis, le sous-développement et la maladie."


    Le choléra, l' ONU et Haïti

    Pendant que beaucoup des efforts sont entrepris pour contenir la propagation de l' épidémie de choléra en Haïti, nous pensons que les responsabilités civiles doivent aussi être fixées quand à la contamination de la population par le vibrio cholerae qui entraine l'hospitalisation et le décès de nombreux citoyens. Une commission d'enquête  indépendante devrait faire la lumière sur cette contamination qui semble être due à une gestion irresponsable des excréta humains et du mauvais traitement de notre environnement.

    Nous sommes conscients de la grande vulnérabilité du pays présente actuellement toutes les conditions favorables à l’éclosion et à la propagation de certaines pathologies liées au manque d'assainissement et d'hygiène publiques qui sont la conséquence du laxisme et de l'irresponsabilité des « dirigeants »  qui se sont succédés au pouvoir durant ces cinquante dernières années¦ Aujourd'hui encore, les autorités et les aspirants dirigeants semblent plus préoccupés à la réalisation d'élections bidons avec de multiples rassemblements à travers le pays qui constituent des facteurs favorisant la propagation de l'épidémie sur le territoire¦

    En plus des facteurs liés aux cataclysmes naturels, à l’assainissement défectueux des villes du pays, d’autres facteurs externes contrôlables et condamnables viennent aggravés le tableau. En effet, les enquêtes journalistiques menées à l'occasion de l'apparition soudaine de cette épidémie de choléra dans le centre du pays et dans l'Artibonite convergent vers la responsabilité de la MINUSTAH (ONU) dans la contamination du fleuve Artibonite par une gestion irresponsable des excréta humains venant de militaires cantonnés à Mirebalais. C'est en aval de ce campement militaire, dans la population utilisant l'eau apparemment polluée par ces derniers, que les premiers cas de choléra se sont déclarés. De plus, des examens réalisés sur des prélèvements effectués sur des patients haïtiens par le  « Center Diseases Control » (CDC) des Etats-Unis ont permis d'établir qu'il s'agit d'une souche asiatique de la bactérie qui serait actuellement présente en Haïti et serait responsable des nombreux cas de choléra qui se propagent dans le pays.

    Il serait donc de bon ton que l’ONU dès à présent, en grande partie responsable de ce qui nous arrive aujourd'hui â que plus largement dans la recherche de solutions durables dans l’éradication à moyen et à long termes de cette pathologie liée à la misère et à lâ insalubrité. Nous pensons que ce n’est pas au dessus de ses moyens d’aider à augmenter le plus rapidement possible lâ accessibilité à l’eau potable de la population par la rénovation et l’installation de réseaux d’eau potable dans toutes les communes, par le captage des eaux disponibles pour sa distribution par des fontaines publiques dans certaines zones, localités et habitations plus reculées du pays, au traitement et à la transformation des eaux usées, des déchets d’hôpitaux et d’origines diverses et particulièrement dans la construction de latrines et de wc dans toutes les agglomérations humaines du pays. Et ce sera en partie, justice…   


    En attendant que toutes les responsabilités légales soient bien fixées, nous recommandons d’ores et déjà une approche multisectorielle (Santé, Education, Culture, Intérieurs et collectivités territoriales, Travaux publiques, Environnement… ) et l’implication de toute la société ( les associations, les écoles, les églises, les média…) dans cette lutte contre ce fléau qui vient encore endeuillé les familles haïtiennes. La société entière doit se mobiliser et s’impliquer pour venir à bout de cette épidémie. Ce sera aussi, nous l’espérons bien, l’occasion pour tous les haïtiens de revoir et de corriger leur comportement vis-à-vis de leur propre environnement...

    C'est un nouveau défi qui se presente encore à nous aujourd'hui. Nous saluons les nombreuses victimes du cholera et présentons nos sincères condoléances aux familles touchées par la fatalité. Nous sommes aussi solidaires des victimes de l’ouragan Toma et de celles encore nombreuses du tremblement de terre du 12 janvier dernier qui sont jusqu’à présent dans des abris précaires, sous des tentes dans différents camps à Port-au-Prince et dans les zones affectées, dix mois après cette catastrophe majeure qui a frappé le pays.

    Nous sommes encore une fois durement et gravement éprouvés aujourd'hui par cette nouvelle catastrophe mais, avec la volonté, la détermination, la persévérance, la discipline, la solidarité, le savoir-faire, les compétences et la patience, nous vaincrons l’insouciance de nos « dirigeants », l’irresponsabilité et la négligence coupable de nos soi-disant amis, le sous-développement et la maladie.

    Dr Dunois Erick CANTAVE

    Port-au-Prince, le 11 novembre 2010


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