Japon-Chine : risque d'affrontements "comme jamais"
Depuis plusieurs semaines, les deux pays se livrent à des démonstrations intransigeantes. (Kenji Shimizu/AP/SIPA)
La tension actuelle entre la Chine et le Japon autour d'îles contestées en mer de Chine orientale accroît "comme jamais" le risque d'affrontements entre navires des deux pays, estime le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG).
Démonstration de force
"Des patrouilles chinoises plus fréquentes avec des garde-côtes japonais qui continuent eux aussi de patrouiller autour des îles augmentent comme jamais le risque d'affrontements maritimes", estime l'ICG dans son dernier rapport intitulé "Eaux dangereuses".
Trois navires gouvernementaux chinois ont d'ailleurs pénétré lundi dans une zone considérée par le Japon comme ses eaux territoriales, selon les garde-côtes nippons.
Depuis plusieurs semaines, les deux pays se livrent à des démonstrations intransigeantes, en organisant ou encourageant des "expéditions" navales autour de l'archipel des Senkaku (Diaoyu pour la Chine), situé à environ 200 km au nord-est des côtes de Taïwan, qui d'ailleurs le revendique également, et à 400 km à l'ouest de l'île d'Okinawa (sud du Japon).
C'est l'achat de ces îles début septembre par le gouvernement japonais à leur propriétaire privé nippon qui avait mis le feu aux poudres, donnant le coup d'envoi d'une semaine de manifestations antijaponaises, parfois violentes à travers la Chine.
Immédiatement Pékin avait décidé d'envoyer une flottille de navires officiels pour marquer "son" territoire, et assurer que la Chine ne cèderait "jamais un centimètre carré", selon l'expression du Premier ministre Wen Jiabao.
Son homologue japonais Yoshihiko Noda avait pour sa part affirmé fin juillet que Tokyo pourrait envoyer les forces d'autodéfense (l'armée japonaise) pour défendre l'archipel.
L'ICG rappelle que dans le passé, les deux pays ont jusque-là réussi à faire retomber la fièvre autour de cet archipel, notamment en 2010 lors de l'arrestation pendant deux semaines du capitaine d'un chalutier chinois "trop zélé" qui avait heurté des garde-côtes japonais.
"Mais aujourd'hui, une escarmouche entre des bateaux officiels (chinois et japonais), dans le contexte actuel pourrait bien ne pas trouver une telle issue", estime ICG.